
Contrairement à l’idée reçue, le défi du Québec n’est plus de produire de l’énergie propre, mais d’orchestrer intelligemment ses nouvelles sources intermittentes avec son atout maître : l’hydroélectricité.
- L’avenir énergétique ne réside pas dans une seule technologie « miracle », mais dans la synergie calculée entre l’hydroélectricité, l’éolien et le solaire.
- Les immenses réservoirs hydroélectriques du Québec agissent comme une batterie géante, une solution de stockage massive qui résout en grande partie le problème de l’intermittence.
Recommandation : Analysez le mix énergétique non pas en additionnant les sources, mais en évaluant leur complémentarité saisonnière et leur coût système intégré pour comprendre la véritable feuille de route.
La question d’un avenir énergétique 100 % renouvelable n’est plus une utopie lointaine, mais un objectif tangible qui anime les stratégies nationales partout dans le monde. Au Québec, cette conversation prend une tournure unique. Fort d’une électricité déjà largement décarbonée grâce à ses barrages, la province est souvent perçue comme une championne de l’énergie propre. Pourtant, cette vision est incomplète. La simple addition de parcs éoliens et solaires, souvent présentée comme la solution évidente, masque une complexité bien plus grande et fascinante.
L’enjeu n’est pas tant de remplacer une source par une autre que de construire un système énergétique résilient, capable d’intégrer des sources par nature intermittentes. Comment garantir un approvisionnement constant quand le vent ne souffle pas ou que le soleil se cache derrière les nuages d’hiver ? C’est ici que le discours promotionnel atteint ses limites. Si la véritable clé n’était pas l’accumulation de nouvelles capacités de production, mais plutôt l’orchestration intelligente de ces dernières avec notre héritage hydroélectrique ? Le vrai défi est celui de la synergie.
Cet article propose un tour d’horizon réaliste, loin des slogans. En tant qu’analystes, nous allons évaluer chaque filière non pas sur ses promesses, mais sur ses performances, son coût système et sa capacité à s’intégrer dans le puzzle énergétique québécois. Nous verrons comment le solaire s’adapte à notre climat, pourquoi l’éolien est en plein essor, et surtout, comment nos réservoirs pourraient être la pièce maîtresse de cette transition complexe. Il s’agit de brosser un portrait lucide du futur énergétique, où la collaboration des technologies prime sur la compétition.
Pour naviguer dans ce paysage énergétique complexe, cet article est structuré pour répondre aux questions fondamentales que se pose tout citoyen intéressé. Le sommaire ci-dessous vous guidera à travers les différentes facettes du mix énergétique de demain.
Sommaire : Le mix énergétique québécois de demain en 8 questions clés
- L’énergie solaire : la solution miracle pour décarboner le monde ?
- La puissance du vent : les promesses et les défis de l’énergie éolienne
- Au-delà du soleil et du vent : les autres énergies renouvelables que vous ne connaissez pas
- Le talon d’Achille des renouvelables : comment stocker l’énergie quand il n’y a ni vent ni soleil ?
- Quelle est l’énergie la moins chère ? Le calcul que l’on vous cache
- L’avenir énergétique du Québec est-il dans le vent et le soleil ?
- Hydroélectricité, éolien, solaire : quelle est la meilleure énergie verte pour l’avenir du Québec ?
- Le rêve d’autonomie énergétique du Québec : sommes-nous vraiment les champions de l’énergie propre ?
L’énergie solaire : la solution miracle pour décarboner le monde ?
L’énergie solaire photovoltaïque est souvent présentée comme le pilier de la transition énergétique mondiale, grâce à la chute spectaculaire de ses coûts. Mais qu’en est-il de sa pertinence au Québec, un territoire nordique dont l’ensoleillement et la couverture neigeuse pourraient sembler être des freins majeurs ? Une analyse technique révèle une réalité surprenante. Loin d’être un obstacle rédhibitoire, notre climat offre des conditions intéressantes. L’air froid, par exemple, améliore l’efficacité des panneaux, et la réflexion de la lumière sur la neige (l’albédo) peut augmenter la production des technologies adaptées.
Les données objectives confirment ce potentiel. En effet, selon les données de Nergica, le potentiel solaire permet de produire jusqu’à 1 250 kWh par kilowatt installé annuellement dans le sud du Québec, même en tenant compte de pertes estimées à 5 % dues à la neige. Cette performance est tout à fait comparable à celle de pays comme l’Allemagne, un leader mondial du solaire. La clé ne réside pas dans un ensoleillement maximal toute l’année, mais dans l’optimisation technologique pour le contexte local.
Étude de cas : Le projet Olaf et l’innovation des panneaux bifaciaux
Pour maximiser le potentiel solaire en milieu nordique, l’innovation est cruciale. Le projet Olaf, mené par des chercheurs de 3IT.Énergies, en est un parfait exemple. En analysant la performance de panneaux bifaciaux (captant la lumière des deux côtés), l’étude démontre un avantage décisif face au climat canadien. La face inférieure capte la lumière réfléchie par la neige, et la chaleur générée aide à faire fondre la couverture neigeuse sur la face supérieure. Cette technologie permet d’augmenter la production de 15 % à 25 % pour un surcoût de seulement 5 %, transformant la contrainte de la neige en un véritable atout.
Le solaire n’est donc pas une solution miracle universelle, mais une composante viable et de plus en plus performante du mix québécois. Son véritable rôle se dessinera dans sa capacité à compléter les autres filières, notamment en période estivale, lorsque l’ensoleillement est à son maximum et que la demande hydroélectrique peut être modulée.
La puissance du vent : les promesses et les défis de l’énergie éolienne
Si le solaire est une force montante, l’énergie éolienne est déjà un acteur majeur et stratégique pour l’avenir énergétique du Québec. La province, avec ses vastes territoires et ses corridors venteux, possède un potentiel éolien de premier ordre qui ne demande qu’à être exploité pour répondre à la croissance de la demande. La volonté politique et industrielle est claire, comme en témoigne l’objectif ambitieux d’Hydro-Québec.
Dans cette optique, l’analyse de Luiz Calzado, président de l’Association québécoise des producteurs d’énergie renouvelable, est éclairante :
Les producteurs indépendants ont prouvé une nouvelle fois qu’ils sont prêts à répondre aux besoins d’Hydro-Québec, qui entend tripler la production éolienne en intégrant à son réseau des ajouts de plus de 10 000 MW d’ici 2035.
– Luiz Calzado, Président de l’AQPER
Cette expansion massive est soutenue par des coûts de plus en plus compétitifs. Les derniers appels d’offres démontrent la maturité de la filière : les contrats récents pour 1 550 MW se sont conclus à un coût moyen de 7,8 cents le kilowattheure. Si ce chiffre est en hausse par rapport aux années précédentes en raison de l’inflation et des coûts de financement, il reste extrêmement concurrentiel pour une nouvelle source d’énergie.
Toutefois, la véritable force de l’éolien au Québec ne réside pas seulement dans son coût ou son potentiel, mais dans son mariage naturel avec l’hydroélectricité. C’est ce que l’on appelle le couple hydro-éolien, une synergie où les réservoirs des barrages agissent comme une immense batterie pour compenser l’intermittence du vent.

Cette complémentarité, illustrée ci-dessus, permet de stocker l’eau lorsque les éoliennes tournent à plein régime et de la turbiner pour prendre le relais lorsque le vent faiblit. C’est cet atout unique qui permet au Québec d’intégrer massivement l’éolien sans compromettre la stabilité de son réseau électrique.
Au-delà du soleil et du vent : les autres énergies renouvelables que vous ne connaissez pas
La conversation sur l’avenir énergétique se concentre souvent sur le duo solaire-éolien, occultant un éventail d’autres technologies renouvelables au potentiel non négligeable. Pour un portrait complet et réaliste, un analyste se doit d’explorer ces filières émergentes qui pourraient, à terme, jouer un rôle complémentaire dans le mix énergétique québécois et canadien. Ces technologies, bien que moins matures, répondent à des besoins spécifiques, que ce soit pour décarboner des régions isolées ou exploiter des ressources locales uniques.
L’une des plus fascinantes est sans doute l’énergie osmotique, ou énergie bleue. Elle consiste à produire de l’électricité à partir de la rencontre entre l’eau douce des rivières et l’eau salée de la mer. L’Institut de recherche d’Hydro-Québec (IREQ) a déjà évalué cette ressource : le potentiel osmotique exploitable pour les 30 grandes rivières québécoises se jetant dans l’eau salée est estimé à 1 860 MW, soit l’équivalent de deux grands barrages. Bien que la technologie en soit encore à ses balbutiements, elle représente une source d’énergie continue et prévisible.
Au-delà de cette piste, d’autres filières sont à surveiller de près, chacune avec ses propres applications et défis. L’hydrogène vert, produit par électrolyse de l’eau à partir d’hydroélectricité, est particulièrement prometteur pour décarboner l’industrie lourde et les transports. La biomasse, issue des résidus forestiers, offre une solution pour la production de chaleur et d’électricité en région, tandis que la géothermie profonde pourrait chauffer des réseaux urbains. La liste suivante synthétise les pistes les plus sérieuses pour l’avenir.
Votre plan d’action : les filières émergentes à surveiller au Canada
- Géothermie profonde : Suivre les projets pilotes en Saskatchewan et évaluer le potentiel géologique de la vallée du Saint-Laurent pour le chauffage urbain.
- Biomasse forestière : Analyser l’utilisation des résidus de l’industrie forestière comme source d’énergie pour la décarbonation des régions éloignées et des procédés industriels.
- Énergie hydrocinétique : Étudier la viabilité des projets exploitant les courants marins, notamment dans la baie de Fundy et la baie d’Ungava, pour une production prédictible.
- Hydrogène vert : Évaluer le développement de la filière de production à partir d’hydroélectricité pour des usages dans l’industrie lourde, le transport et l’exportation.
- Stockage par air comprimé : Examiner la faisabilité de projets de stockage souterrain pour compléter le stockage hydroélectrique et accroître la flexibilité du réseau.
Le talon d’Achille des renouvelables : comment stocker l’énergie quand il n’y a ni vent ni soleil ?
La critique la plus fondamentale adressée aux énergies solaire et éolienne est leur intermittence. Que faire lorsque la demande électrique est forte mais que les conditions météorologiques ne sont pas au rendez-vous ? Pour la plupart des réseaux électriques dans le monde, la réponse implique des centrales au gaz naturel ou des systèmes de batteries coûteux. C’est ici que le Québec possède un avantage comparatif écrasant, une solution de stockage déjà en place, à une échelle quasi inégalée : son parc hydroélectrique.
Avec une production électrique provenant à plus de 94 % de l’hydroélectricité, le Québec ne dispose pas seulement d’une source d’énergie propre et flexible, mais aussi du plus grand système de stockage d’énergie qui soit. Chaque réservoir derrière un barrage est, en substance, une batterie. Lorsque la production éolienne et solaire est abondante, Hydro-Québec peut réduire le turbinage et conserver l’eau dans ses réservoirs. Lorsque la production intermittente chute, les vannes s’ouvrent et la puissance hydroélectrique comble instantanément le manque.
Cette capacité de modulation est le pilier de la stratégie énergétique québécoise. Elle permet d’intégrer des milliers de mégawatts d’énergie intermittente sans risquer de pannes et sans avoir à investir massivement dans des batteries chimiques. Un rapport sur l’intégration des énergies renouvelables synthétise parfaitement cette idée :
Les réservoirs hydroélectriques du Québec, de la Colombie-Britannique et du Manitoba agissent comme des ‘batteries géantes’ pour lisser l’intermittence de l’éolien, un atout majeur pour la stabilité du réseau nord-américain.
– Analyse sectorielle, Rapport sur l’intégration des énergies renouvelables
Cette « batterie virtuelle » géante est l’élément que beaucoup d’analyses internationales ignorent lorsqu’elles évaluent la transition québécoise. Ce n’est pas seulement une source d’énergie, c’est un outil d’orchestration énergétique qui confère au réseau une flexibilité et une résilience exceptionnelles, transformant le « talon d’Achille » des renouvelables en une force stratégique.
Quelle est l’énergie la moins chère ? Le calcul que l’on vous cache
La question du coût est au cœur des débats sur la transition énergétique. On compare souvent le coût de production d’un kilowattheure (kWh) solaire, éolien ou hydroélectrique. Cependant, ce calcul, appelé LCOE (Levelized Cost of Energy), est trompeur car il omet une variable essentielle : le coût système. Ce coût inclut les investissements nécessaires pour intégrer une source d’énergie au réseau, la gérer et compenser son intermittence. C’est précisément sur ce point que le modèle québécois se distingue.
Intégrer de l’éolien dans un réseau qui dépend de centrales thermiques (comme en Ontario ou en Alberta) exige de garder ces centrales prêtes à démarrer, ce qui a un coût. Au Québec, l’intégration se fait avec l’hydroélectricité, une infrastructure déjà existante et flexible. Le coût système est donc radicalement plus bas. Une analyse de Radio-Canada révèle d’ailleurs que l’intégration de l’éolien au réseau québécois a fait passer son coût de 13 cents/kWh il y a 15 ans à environ 6 cents/kWh aujourd’hui. C’est la preuve que le coût d’une énergie ne peut être évalué isolément de l’écosystème dans lequel elle s’insère.
Cependant, le débat sur le coût de production masque une vérité encore plus fondamentale. L’énergie la moins chère est, et restera toujours, celle que l’on ne consomme pas. L’efficacité énergétique n’est pas une simple vertu écologique ; c’est la source d’énergie la plus rentable qui soit.
Étude de cas : L’efficacité énergétique, première source d’énergie du Québec
Les programmes québécois comme Rénoclimat (amélioration de l’isolation des bâtiments), Chauffez vert (remplacement des systèmes de chauffage au mazout) et Novoclimat (normes de construction à haute performance) sont souvent vus comme des initiatives environnementales. D’un point de vue d’ingénieur, ce sont avant tout des investissements énergétiques ultra-performants. Chaque dollar investi dans l’amélioration de l’isolation d’un bâtiment ou le remplacement d’un appareil énergivore « libère » des kilowattheures sur le réseau qui n’ont plus besoin d’être produits. Ces « négawatts » sont bien moins chers que la construction de n’importe quelle nouvelle centrale, qu’elle soit hydroélectrique, éolienne ou solaire.
L’avenir énergétique du Québec est-il dans le vent et le soleil ?
Face à une demande croissante, la question n’est plus de savoir s’il faut développer de nouvelles filières, mais comment les articuler. L’avenir énergétique du Québec ne repose pas sur le choix exclusif du vent ou du soleil, mais sur leur intégration synergique avec notre base hydroélectrique. La nécessité de cette diversification est dictée par les chiffres : le plan d’approvisionnement d’Hydro-Québec prévoit une augmentation de 14 % des besoins en énergie électrique entre 2022 et 2032. L’hydroélectricité seule, bien que puissante, ne suffira pas à combler cet écart tout en électrifiant de nouveaux secteurs comme les transports et l’industrie.
L’argument clé en faveur d’un mix diversifié réside dans la complémentarité saisonnière. Le profil de production de chaque filière correspond à des besoins différents au cours de l’année, créant une stabilité d’ensemble que chaque technologie, prise isolément, ne pourrait offrir. Le climat québécois, souvent perçu comme une contrainte, devient ici un avantage stratégique pour l’orchestration énergétique.
Cette synergie est particulièrement évidente lorsqu’on analyse les pics de production de chaque filière au regard des pics de consommation. Une analyse technique sur la complémentarité des énergies renouvelables au Québec le souligne parfaitement :
L’éolien québécois produit davantage en hiver pendant le pic de demande pour le chauffage, tandis que le solaire produit en été durant la période de maintenance des barrages, créant ainsi une synergie parfaite avec l’hydroélectricité.
– Analyse technique, Étude sur la complémentarité saisonnière des énergies renouvelables
En d’autres termes, l’éolien fournit une puissance maximale lorsque le Québec en a le plus besoin pour se chauffer. Le solaire, quant à lui, prend le relais en été, permettant de réduire le turbinage hydroélectrique et de refaire les pleins des réservoirs en prévision de l’hiver suivant. Loin de se concurrencer, ces trois sources d’énergie forment un trio interdépendant, piloté par la flexibilité de l’hydroélectricité. L’avenir n’est donc ni exclusivement dans le vent, ni exclusivement dans le soleil, mais dans l’intelligence avec laquelle nous les combinerons.
Hydroélectricité, éolien, solaire : quelle est la meilleure énergie verte pour l’avenir du Québec ?
Demander quelle est la « meilleure » énergie verte, c’est poser la mauvaise question. Une analyse systémique révèle qu’il n’y a pas de vainqueur unique. La force du modèle québécois ne réside pas dans la suprématie d’une technologie, mais dans l’optimisation d’un portefeuille énergétique diversifié. La meilleure stratégie est celle qui combine la fiabilité de la base hydroélectrique, la puissance hivernale de l’éolien et la production estivale du solaire pour créer un tout plus résilient et performant que la somme de ses parties.
Les projets les plus récents illustrent parfaitement cette vision d’un avenir intégré, où la technologie se conjugue avec le développement économique et social des communautés. Le partenariat devient aussi important que la puissance installée.
Étude de cas : Le méga-parc éolien du Saguenay–Lac-Saint-Jean
Le projet de parc éolien de 3 000 MW au Saguenay–Lac-Saint-Jean, un investissement de 9 milliards de dollars, est emblématique du futur énergétique québécois. Non seulement il deviendra l’un des plus grands parcs éoliens au monde, mais son modèle de gouvernance est révolutionnaire. Les participations seront réparties à 50/50 entre Hydro-Québec et des partenaires communautaires, incluant les Premières Nations et les MRC. Le chef de Mashteuiatsh a qualifié cet accord de « partenariat historique », démontrant que les futurs grands projets énergétiques seront aussi des projets de société, favorisant l’acceptabilité sociale et le partage des retombées économiques.
La trajectoire du Québec est claire : il s’agit de réduire progressivement la part relative de l’hydroélectricité non pas parce qu’elle est moins bonne, mais pour faire de la place à ses partenaires éolien et solaire, qui répondront à la croissance de la demande. Le tableau suivant, basé sur les données de la Régie de l’énergie du Canada et les objectifs gouvernementaux, illustre cette évolution du mix électrique.
| Source d’énergie | Part actuelle (2023) | Projection 2035 |
|---|---|---|
| Hydroélectricité | 94,3 % | 75-80 % |
| Éolien | 5,3 % | 15-20 % |
| Solaire | <0,5 % | 2-5 % |
| Biomasse et autres | 0,4 % | 1-2 % |
Ce tableau ne montre pas le déclin de l’hydroélectricité, mais sa transformation. Elle passe d’un rôle de producteur quasi unique à celui de chef d’orchestre, garantissant la stabilité et la flexibilité d’un système de plus en plus diversifié.
À retenir
- Le véritable atout du Québec n’est pas seulement sa production d’énergie propre, mais sa capacité de stockage massive via les réservoirs hydroélectriques.
- La performance énergétique doit s’évaluer en « coût système » (incluant l’intégration et le stockage) et non en simple coût par kWh.
- La complémentarité saisonnière (éolien en hiver, solaire en été) est la clé d’un mix renouvelable résilient et adapté au climat québécois.
Le rêve d’autonomie énergétique du Québec : sommes-nous vraiment les champions de l’énergie propre ?
L’image du Québec comme champion de l’énergie propre est tenace et, sur le plan de l’électricité, largement méritée avec un réseau décarboné à plus de 99 %. Cependant, un analyste réaliste doit regarder au-delà de la prise électrique. L’autonomie énergétique totale est un objectif bien plus complexe et lointain. L’électricité ne représente qu’une partie de notre consommation finale d’énergie. Les transports, le chauffage industriel et certains procédés manufacturiers dépendent encore massivement des hydrocarbures.
Le portrait global est plus nuancé. Malgré une électricité quasi parfaite, les données gouvernementales révèlent qu’encore près de 50 % de toute l’énergie consommée au Québec provient des énergies fossiles. C’est ce chiffre qui définit le véritable défi de la prochaine décennie : utiliser notre surplus d’électricité propre pour décarboner les autres secteurs de l’économie. Chaque voiture électrique qui remplace une voiture à essence, chaque procédé industriel qui passe du gaz à l’électricité est un pas vers la véritable souveraineté énergétique.
Le rêve d’autonomie ne doit donc pas se limiter à nos frontières. La capacité du Québec à produire une électricité propre, fiable et abondante, orchestrée par son couple hydro-éolien, est un atout géopolitique majeur. En exportant ses surplus vers les réseaux voisins de l’Ontario et du nord-est des États-Unis, le Québec peut jouer un rôle de premier plan dans la décarbonation de l’Amérique du Nord.
Comme le souligne une analyse sur le rôle du Québec comme puissance décarbonante, le potentiel est immense : notre énergie propre peut devenir un levier diplomatique et économique, aidant nos partenaires à atteindre leurs propres cibles climatiques. Le rêve n’est plus seulement l’autonomie, mais le leadership. Le Québec a l’opportunité de ne pas être seulement un consommateur d’énergie propre, mais un exportateur de solutions de décarbonation.
La construction d’un avenir 100 % renouvelable au Québec est donc moins une question de « si » que de « comment ». Pour aller plus loin et évaluer les solutions adaptées à vos propres besoins, l’étape suivante consiste à analyser en détail les options de production et d’efficacité énergétique disponibles.